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Odile Saltet-Desmarquet

Psychologue clinicienne de l'enfance

" Je pratique dans une perspective clinique des bilans psychologiques complets (tests intellectuels et projectifs) pour les enfants d’âge scolaire. "

Les motifs de demandes de bilans sont variés, les plus courants sont :

Evaluation d’un haut potentiel, demande de la MDPH, difficultés scolaires, suspicion de troubles « dys », troubles du comportement …

A quoi sert un bilan psychologique ?

Dans des moments d’indécision ou de crise, le bilan éclaire une situation problématique, il sert à mieux comprendre l’enfant, à l’aider dans son développement et à étayer une éventuelle décision thérapeutique. Dans le cadre d’une procédure d’orientation scolaire le bilan fournit des indicateurs du développement intellectuel et affectif permettant d’ajuster cette orientation aux besoins actuels de l’enfant.
Le bilan psychologique ne doit pas être une finalité en soi, il doit répondre à son objectif qui est d'obtenir en quelques séances, des informations quantifiables et objectives pour comprendre le fonctionnement psychique et relationnel actuel de l'enfant et pour élaborer une réponse appropriée à la question posée.


Déroulement d’un bilan psychologique.

Il se déroule en quatre phases :

Première phase :
Un premier rendez- vous avec l’enfant et ses parents.
Durant cette première rencontre , l’implication des deux parents est indispensable pour y témoigner de la construction de l’enfant.
Ce premier entretien est assez substantiel, il dure en moyenne une heure et demi.
On y aborde les symptômes précis de l’enfant et leur émergence chronologique, sa préhistoire à partir de la rencontre entre ses parents, ses liens avec sa famille élargie, puis une journée type de son quotidien, du lever au coucher, avec précision de son attitude au gré des événements.
Ces éléments permettent de faire le lien entre d’éventuels facteurs traumatiques et les préoccupations de l’enfant révélées par la suite du bilan.

Seconde phase :
Le premier entretien est suivi du bilan à proprement parler avec l’enfant, Cette phase s’étale sur deux ou trois séances d’environ deux heures chacune, c’est le temps nécessaire pour un bilan « sérieux ».
Après que je me sois assurée que l’enfant se sent à l’aise, se déroulent en premier les épreuves cognitives qui appréhendent le fonctionnement de l’intelligence. Ces épreuves se basent sur le classement de la performance de l’enfant par rapport à son groupe d’âge. Pour cela j’ai choisi d’utiliser le test d’intelligence standard le plus largement reconnu: le WISC-V.
Ce test propose une série d’épreuves à difficulté croissante s’intéressant aux différentes aptitudes intellectuelles. Puis suivent les épreuves projectives dites « de personnalité » qui intéressent la sphère affective, et les épreuves graphiques. J’utilise là aussi des épreuves reconnues comme la figure de REY, le TAT ou le CAT ou pour les plus petits. Ces tests sont des indispensables détecteurs de conflits internes et de troubles de la personnalité difficiles à repérer.

Troisième phase :
Après la passation avec l’enfant, vient le temps de l’interprétation. Ce n’est pas qu’une simple transcription des résultats bruts.

Cette interprétation des données est ce qui constitue la spécificité de mon travail. Elle se construit sur la base des informations recueillies au cours de l’entretien avec l’enfant et ses parents, lors de l’observation des conduites et attitudes de l’enfant, et à l’aide des épreuves appliquées.
Cette troisième phase nécessite du temps et doit être faite scrupuleusement. C’est une mise en perspective des informations recueillies qui doit donner sens à la situation qui fait problème.
Elle doit être cohérente et justifiée pour aboutir à des recommandations .

Quatrième phase :
Après mon travail d’analyse a lieu une dernière rencontre avec l’enfant et ses deux parents.
Elle a pour but d’expliquer en détail le contenu du compte rendu qui sera remis. Ce temps permet de répondre aux éventuelles interrogations et d’éclaircir ce qui n’est pas compris.
Un compte rendu écrit est remis. Les informations chiffrées y sont expliquées et interprétées, une description du fonctionnement global de l’enfant et des pistes de prises en charge sont données.

Qu’est ce qu’un bilan psychologique dans une perspective clinique ?

Les tests qui composent un bilan sont les outils du psychologue clinicien, ce sont des instruments de mesures fiables, des épreuves standardisées (c’est à dire strictement définies dans leur conditions d’application et de cotation) et étalonnées (c’est à dire qu’elles permettent de situer l’enfant parmi les enfants d’une même situation de référence).
Ils ont pour but l’évaluation du fonctionnement psychique de l’enfant en ce qui concerne ses potentialités cognitives, ses irruptions fantasmatiques, ses aménagements défensifs . Ce sont d’excellents supports d’observation pour appréhender les stratégies qu’utilise l’enfant devant une tâche à résoudre ou son comportement face à l’échec.

Le bilan dans une perspective clinique dépasse largement l’unique appréciation des potentialités cognitives.
C’est une approche de l’enfant considéré de manière globale, et non de l’addition de résultats isolés.
Les résultats concernant les compétences et les potentialités sont analysés afin de prendre sens les uns par rapport aux autres.
Le psychologue doit savoir apprécier si l’enfant arrive ou non à utiliser son intelligence avec plus de plaisir que d’angoisse. Quand l’angoisse l’emporte, le potentiel reste à l’état de potentialité.
Dans une perspective clinique on ne se contente pas des résultats chiffrés, on analyse de façon qualitative les réussites ou les échecs aux différents tests car derrière des chiffres identiques de QI peuvent se cacher de multiples profils d’enfants, de souffrances et de besoins différents.


Le WISC-V est très souvent le seul test demandé car beaucoup en on entendu parler; C’est un très bon test mais il ne peut, dans une perspective clinique, à lui seul constituer le « bilan psychologique » d’un enfant .

Je ne me limite donc pas à ce test. J’y ajoute des épreuves graphiques et surtout des épreuves de personnalité.

Même si le bilan psychologique est une pratique courante, sa pratique est encore peu régulée en France. Ce n’est pas un produit de grande consommation qui serait identique d’un endroit à l’autre, les modalités peuvent varier considérablement d’un praticien à un autre.
Ma conception du bilan psychologique s’inscrit dans le cadre d’une pratique qui demande une grande rigueur et repose sur une formation théorico-clinique approfondie. Tous les psychologues ne sont pas formés également au bilan psychologique.

A l’exception des demandes des autorités judiciaires, la demande de bilan doit être clairement formulée par les parents et l’enfant doit accepter cet examen.
Dans le cas d’un refus évident de l’enfant ou d’un des parents il vaut mieux ne pas aller plus loin ou au moins pas immédiatement.
Je ne suis pas au service de la norme mais du sujet.
Le bilan a pour but l’aide plutôt que la mesure seule, il est au service de l’enfant.

« L’appareil cognitif reste toute la vie englobé dans l’appareil psychique qui le contient, cela revient à souligner que la qualité des performances demeure sous l’étroite dépendance de l’état affectif du sujet qui les produit »
Rosine DEBRAY.